Psychiatrie, mon amour

Avignon

Du Jeudi 20 au Vendredi 21 sept

Présentation


La folie et l'amour, comme le rire et l'humour, sont le propre de l'humain. Ces termes, à déplier, à dialectiser, décrivent à leur façon les trajectoires humaines les plus singulières.

 

Le thème « Psychiatrie mon Amour », fait référence, bien sûr à l’œuvre de Marguerite Duras, « Hiroshima mon amour » (1960), livre issu d'un film, ce qui est inhabituel, œuvre qui rend surtout compte du fait que l'amour à travers ses déclinaisons les plus sensibles (lumière aveuglante de la passion dévorante, ténèbres de la haine avilissante) peut rendre fou, atomiser une existence, désintégrer le lien social, mais qu'il peut aussi guérir la plus terrible souffrance humaine, lui donner sens, couleurs et musique. Il est le plus créatif des sentiments. Il est Le sentiment. Depuis longtemps, l’hôpital de Montfavet est un lieu fort de prise en compte de la maladie mentale. Il fut le refuge et le tombeau de Camille Claudel certes, une incarnation forte de l'amour fou peut-être, mais il reste lieu vivant et fécond, lieu de soin, lieu de vie, lieu d'envies. Par sa vocation, il est le lieu de convergence d'une demande d'aide et d'une offre qui cherche à s'adapter et se diversifier, il est lieu de création. La folie comme l'amour, voire le désamour, est un art de vivre, c'est une redoutable stratégie de survie parfois, avec ses dérives et ses déboires, ses errances et ses espoirs ; la thérapie est aussi, à sa façon, l'un des arts les plus exigeants en termes de créativité, c'est ce qui fait son intérêt.

 

Ce colloque se propose de parcourir certains des chemins de traverse serpentant entre l'Institution et ce qui s'y joue, il a l'ambition de déployer ce qui rend la psychiatrie à la fois fascinante et nécessaire :

  • L’institution est à développer, à défendre, mais à infléchir toujours dans le sens du soin et de l'humanité,
  • Ce qui s'y joue, c'est un colloque singulier, une relation extraordinaire, c'est avant tout la prise en charge de maladies chroniques terrifiantes, ce qui est le cœur du métier. Il s'agit de se confronter aux psychoses naturellement, mais surtout à la prise en compte au quotidien d'individus divers en souffrance psychique: la dépression, l'angoisse, les addictions, la violence et autres troubles comportementaux sont les déclinaisons au quotidien de la fragilité et de la richesse humaine,
  • Sans oublier l’essence de la vocation à soigner. Ce n’est pas par hasard que l’on « Entre en psychiatrie », que ce soit du coté des soignants ou des soignés.

 

Ce qui est fascinant, dérangeant et moteur, c’est que ce ne sont pas des symptômes qu'il faut soigner, ce sont des sujets, des alter ego. L'institution a ses contraintes, elle en secrète aussi, celles-ci peuvent être soignantes, structurantes ou contenantes, ou délétères. Ne pas en être dupe, les connaître et s'appuyer dessus lorsqu'il le faut demeure nécessaire. Cultiver notre vocation à soigner, notre amour du métier, s'articuler avec la connaissance de ce qu'est, au fond, la psychiatrie, donne du sens au soin car soigner, comme aimer, c'est avant tout penser.

 

Lieu


CH de Montfavet

Avenue de la Pinède

84140 Avignon

 

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