L’immobilisation dans le contexte des soins en santé mentale

Paris

le Mercredi 15 juin 2016

Pratiques, justifications et formalisations

Présentation

L’immobilisation est pratiquée dans le domaine de la santé mentale dans des situations et selon des modalités multiples : contention par des sangles dans des services d’hospitalisation en psychiatrie, contention « passive » dans des services accueillant des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, enveloppement sec avec des adolescents atteints de troubles psychiques, « packing » avec des enfants atteints de troubles autistiques ou des adultes ayant des troubles psychotiques, immobilisations manuelles lors d’épisodes d’agitation.

Cet atelier veut éclairer la place et le statut de ces pratiques dans le soin, au travers de l’activité de formalisation et la réflexivité que les différents acteurs mettent en œuvre. Ces pratiques suscitent en effet débats et controverses, au niveau national et international. Tandis que certains dénoncent le caractère nécessairement maltraitant et violent de ces pratiques, d’autres défendent de possibles usages thérapeutiques ou l’impossibilité pratique de les éviter ; ils cherchent alors à en définir et à en formaliser les usages légitimes, produisant parfois de nouvelles normes.

Les discussions aborderont plusieurs dimensions de cette activité. D’abord, les formes d’engagement de professionnels et des usagers dans la production de textes qui encadrent ces pratiques, les interdisent ou définissent quand elles sont autorisées (recommandations de bonne pratique, textes législatifs, conventions internationales…). Ensuite, les formes de justification et de contestation du caractère thérapeutique de ces pratiques (littératures professionnelle, clinique, militante et grand public…). Enfin, les formes de professionnalisation des manières de faire (formations, protocoles…), où l’apprentissage de techniques visent à assurer le sens de ces pratiques et à en limiter la violence.

L’atelier est organisé en trois sessions, chacune portant sur un type de pratique appréhendée dans des contextes de soin variés : contentions mécaniques, packing et enveloppements et immobilisations manuelles. Dans chaque session, de courtes interventions introduiront une discussion collective réunissant professionnels, usagers et chercheurs. Elle montrera la variété des ressources mobilisées pour définir le statut d’une même pratique, ainsi que les tensions qui existent dans la définition de ses usages. La journée s’inscrit dans les travaux du Collectif Contrast sur les recompositions des régulations des pratiques contraignantes en santé mentale.

 

Lieu

Paris

 

Pour plus de renseignement

Collectif Contrast

Programme