Comprendre le handicap psychique

La notion de handicap psychique

L’article 2 de la loi n°2005-102 du 11 février 2005 énonce que :

Constitue un handicap toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne, en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant.

La loi du 11 février 2005 introduit et reconnaît, pour la première fois, le handicap psychique parmi les divers handicaps existants. Cette notion de handicap psychique apparaît dans un contexte où différents partenaires de santé mentale en France (associations de familles, d’usagers de la psychiatrie, de soignants et de travailleurs sociaux) se mobilisent pour faire exister une population, celle qui présente des troubles psychiques. Cette loi permet donc d’établir une reconnaissance non seulement de l’état de santé et de la qualité de vie de la personne mais aussi de sa place dans la société, de sa participation et de sa citoyenneté. Elle va entraîner la création ou le développement de nouveaux dispositifs d’accompagnement dans les secteurs médico-sociaux et sociaux.

 

A l’heure actuelle, il n’y a "aucune définition partagée du handicap psychique" (Anesm, 2014) en tant que telle mais la différence avec le handicap mental est généralement évoquée. Toutefois un consensus existe sur les conséquences sociales des troubles psychiques : perte ou diminution de l’autonomie, entrave à la vie sociale et professionnelle.

Maladies psychiques et handicap

Le handicap psychique est la conséquence de diverses maladies et troubles psychiques invalidantes comme :

 

  • les troubles psychotiques, notamment les schizophrénies,
  • les troubles bipolaires et dépressions sévères,
  • les troubles de la personnalité,
  • certains troubles anxieux.

Impact du handicap psychique dans la vie quotidienne

Selon l’UNAFAM, le degré de capacité à :

 

  • prendre soin de soi,
  • établir des relations durables,
  • se former et à assurer une activité,
  • se maintenir dans un logement,
  • organiser une vie sociale et des loisirs,
     

permet d'évaluer l'importance du handicap.

Spécificités du handicap psychique

  • troubles variables, intermittents et évolutifs (avec des compétences réelles pour certaines activités et des difficultés majeures dans d’autres),
  • sans déficience intellectuelle : seuls des troubles cognitifs peuvent être associés (difficultés de mémorisation, planification, organisation spatiale et temporelle…), de façon temporaire ou permanente,
  • besoin d’un suivi médical régulier,
  • victime de stigmatisation et de rejet (liée à la méconnaissance et à la crainte qu’inspire le handicap psychique),
  • souvent en rupture de lien social et isolement,
  • vulnérabilité possible, surtout quand la personne traverse un événement de vie difficile,
  • incapacité pour la personne à demander de l’aide , « non-demande », à cause de facteurs personnels ou environnementaux (comme un manque d’adéquation entre les besoins de la personne et l’accompagnement proposé),
  • parfois sous-estimation des difficultés de la personne car les troubles ne sont pas forcément visibles,
  • difficulté pour la personne à accepter les troubles et leurs conséquences,
  • difficulté pour la personne à initier ou faire l’action,
  • parfois, altération du rapport à la réalité.

 

Source : Anesm, 2016

Pour aller plus loin : CNSA, Troubles psychiques, 2017

Définition générale du handicap

La loi du 11 février 2005 se base sur la description du handicap établie par l’Organisation mondiale de la santé.

 

Initialement, le handicap au sens large était défini à travers le modèle de Wood (1980), un modèle médical mettant en avant 3 aspects : déficiences, incapacités et désavantages.

 

Ainsi, de par la maladie, certaines fonctions organiques de la personne handicapée sont touchées (les déficiences) et ne permettent pas ou peu, à la personne, de mener à bien des activités (incapacités), ce qui génère un désavantage, pour elle, à accomplir un rôle social.

Ce modèle, présentant une causalité linéaire, évoque le handicap sous des aspects négatifs et ne met pas en valeur les potentialités de la personne. Il ne mentionne pas l’impact de l’environnement sur le handicap de la personne.

 

En 2001, l’OMS fait donc évoluer sa vision du handicap et crée la CIF (Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé), qui est un modèle social. Le handicap y est conçu comme la résultante de l’interaction entre différentes composantes liées à la personne et à son environnement social. Il se présente de la manière suivante :

 

CIF CIF  © CREHPSY Nord - Pas de Calais

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